Jeudi 25 décembre 2008 4 25 /12 /Déc /2008 21:46

Petits z'hérétiques en rut, amoureux d'art potentiels, demi-mondaines perverses à moitié devêtues, bienvenue dans le monde vermillon et merveilleux du Prince du Bon Goût.


Le Vaquette – ou plutôt l'IndispensablE Tristan-Edern Vaquette - est bien étrange animal au poil fièrement dressé, barbiche bien taillée et au corps athlétique de champion de natation, majestueusement drapé de rouge, qui résiderait, selon la légende, dans les verdoyantes terres auvergnates. Son parcours est pour le moins détonant : véritable paradoxe sur pattes – elles-mêmes chaussées de docs martens écarlates -, le jeune Vaquette a vécu une scolarité brillante et pour le moins bordélique. Premier de la classe, certes, mais casse-couille de première : bac C avec mention, oui, école d'ingénieur, deux fois oui, mais soumission à l'autorité, que nenni.

Viré pour raison disciplinaire, il entreprend ensuite un DEA de physique théorique et pénètre fugacement dans les enceintes prestigieuses du laboratoire de physique corpusculaire du Collège de France -s'il vous plaît !- tout en jouant parallèlement dans des groupes de punk rock. A priori, un avenir lumineux de chercheur, peut-être vaguement agité par quelques concerts et pogos...


Seulement, le Vaquette ne se voit pas souris de laboratoire. En 1993, il quitte le monde des protons et des neutrons pour devenir lui-même un électron libre dans le monde plus aventureux de l'art. La même année, il créé son premier spectacle, un one-man-show rock à l'humour hara-kiriesque placé sous le signe du raffinement, poétiquement nommé le « Suce-moi-la-bite Tour ». Le Prince du Bon Goût est né, indu-bite-ablement...


Fort de cette première tournée, il anime pendant quatre ans sur Fréquence Paris Plurielle et Radio Libertaire une chronique radio hebdomadaire « Le billet du Vaquette ». Mais l'animal a plus d'une corde à son arc et ne réduit pas à un provocateur méchamment drolatique : en 1997, il donne vie à son second spectacle « J'veux être grand et beau », présenté comme un cours de philosophie un brin théâtral, sur fond de décor joyeusement orné de rouge et jaune, dénonçant, avec intelligence et énergie -sans oublier évidemment les interludes musicaux drolatiques- , les petites lâchetés, la bêtise, la complaisance dans le médiocre de nos navrants contemporains. Vaquette appelle à l'élévation, au dépassement de soi, au sublime.

Et c'est sublime.


Créateur du mémorable festival « Un printemps bizarre » en 1999, prof de philo vaguement chippendale, troubadour déjanté déclamant d'une voix guillerette de cruelles vérités et d'hilarantes atrocités, héros décapant de la Résistance dans son roman épique « Je gagne toujours à la fin » et cuisinier hors pair (aucun rapport avec l'art, certes, mais c'est toujours bon à savoir), le Prince du Bon Goût, Docteur ès Sciences et Vicomte de Gribeauval, après quelques années d'absence insoutenable pour ses fidèles hagiographes, revient sur les devants de la scène en novembre 2008 avec ses nouveaux album et spectacle « Crevez tous ». Bref, Vaquette est de retour, et il est toujours pas content. Et toujours indispensable.


« L'élégance, c'est préférer une belle défaite à une victoire sans grâce », qu'il nous dit le prince. Mais peu importe au fond : il gagne toujours à la fin. Et avec grâce, s'il vous plaît.

Par HikikoMori - Publié dans : eruct
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Jeudi 18 octobre 2007 4 18 /10 /Oct /2007 16:39

Cet américain, né en 39 à Brooklyn a longtemps été détesté, condamné et considéré comme un artiste dégénéré.

Ce n’est qu’aujourd’hui, que l’on commence à l’aduler et voir en lui l’un des plus grands photographes du siècle… Bref, en tout cas, lui non plus, il ne laisse personne indifférent. Son " art " : faire des natures mortes….avec des morts. Les cadavres et la mort sont omniprésents dans son œuvre. Il faut dire aussi que la mort est entrée violemment dans la vie du petit garçon, non sans poésie… 

"a six ans, j’ai assisté avec ma mère et mon frère à un carambolage impliquant plusieurs voitures à Brooklyn. De l’ombre des véhicules retournés, a roulé vers moi ce que j’ai pris pour un ballon, mais comme il roulait plus près et finissait par s’arrêter contre le trottoir où je me trouvais, j’ai pu voir qu’il s’agissait de la tête d’une petite fille. Cette expérience m’a fait tomber amoureux, non seulement d’elle, mais de la vie en général. Plus tard, lorsque pour la première fois j’ai tenu en main un appareil photo, c’était comme si je tenais la tête de cette petite fille. "

voilà pour le personnage… Pour trouver sa matière première, il à du jouer avec les autorités, politiques (morales) de certains pays et ainsi récupérer cadavres d’enfants, vieillards, souvent en Amérique du sud. Mais il aime aussi travailler avec des models vivants. Certes des handicapés, cul de jattes ou autres freaks. Pour revenir à ses clichés morbides, ce qui frappe en premier c’est, la beauté et la fascination que l’on a à regarder et détailler l’image. Le noir et blanc est travaillé, chauffé, sali, gratté au rasoir, pour mettre en avant des scènes toutes aussi surprenantes que révoltantes. Pourtant l’affreux bonhomme se déclare catholique et trouve dieu dans toutes les choses et tous les jours. Deux têtes de vieillards posées, s’embrassant sur la bouche. Nature morte de membres humains, légumes, fruits et de bébé mort, tête au sommet coupé servant a recevoir un plat de fruits. Fœtus, pénis, malformations…

Et tout cela composé le plus méticuleusement possible.

Pour finir avec une phrase à lui : " Je n’ai aucun autre but que le sublime, la transcendance. Mes sujets ne sont que des vecteurs, ils doivent permettre de passer d’un état de matérialité à un état de sublime, de spiritualité pure. "

Par oncle Gloc - Publié dans : eruct
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Lundi 9 avril 2007 1 09 /04 /Avr /2007 22:15

Visions infernales du Paradis, sexualité outrancière et burlesque, corps martyrisés, imagerie médiévale... On dit d'elle qu'elle peindrait des bites comme on peindrait des bouquins. Voici l'univers merveilleusement chaotique d'Anne van der Linden.

Anne van der Linden est née en 1959 à Bromley en Angleterre d'une mère juive polonaise et d'un père belge. Elevée dans un climat violent, elle se créé rapidement un imaginaire fantastique peuplé de monstres merveilleux et sexués. Elle réalise sa première oeuvre érotique à l'âge de 15 ans : une broderie représentant une créature femelle au sexe tentaculaire. Jeune fille dans les années 70, elle fait une rencontre décisive pour sa vie artistique en la personne de Jean-Louis Costes. Elle devint sa compagne jusqu'à la fin des années 80 et tous deux feront de nombreux voyages dans le monde entier : Colombie, Tanzanie, Afrique de l'Est en partie parcourue à pieds, ... En 1984, ils fondent ensemble la revue artistique haute en couleurs "La vache bigarrée" dont il paraîtra 8 numéros. Déluge de textes et de couleurs baveuses, illustrations dégoulinantes et déjantées, l'alchimie Van der Linden/Costes opère à merveille. Elle collabore avec lui à son premier opéra "Youkis", spectacle de marionettes écrit par June Shenfield, puis réalise pour lui de délirants décors pour ses spectacles ainsi que de nombreux visuels ("Les Oxyures", "Le fils de Caligula", "Livrez les blanches aux bicots", "Drôle de trip", ...), et participe à quelques uns de ses opéras porno-sociaux et films (en femme fatale dans "Nana", en dame pipi en transe dans "Aux chiottes", Sans queue ni tête", "Le fils de Caligula", "Morpho", "Eclipse"...).

Elle s'installe en 1988 à Saint-Denis et y fait la rencontre des artistes australiens Ken Sheperd, aperçu dans "Le fils de Caligula" en prophète hystérique, et June Shenfield, défunte poètesse, gérants de la galerie-librairie locale Cannibal Pierce dans laquelle elle fera ses premières expositions dès 1992.

Anne van der Linden fait gicler sur ses toiles ses fantasmes, ses rêves et cauchemars, ou tout simplement sa perception outrancière, jamais dénuée d'humour, du monde réel : avec elle, le repassage et la lessive deviennent des tortures moyen-âgeuses, les goûters d'anniversaire scatophiles, les repas de famille cannibales. Une jeune fille se branle dans sa chambre devant les regards morts de ses amants décapités. D'autres, coquettes, se recoiffent amicalement leur barbe soyeuse. Un couple de cadavres part se coucher. La vie quotidienne de ses personnages n'est nullement troublée par les interventions surréalistes de démons hermaphrodites ou d'instruments de torture délirants. Contes de fées sadiques où Cendrillon en larmes sert de fauteuil pour ses cruelles demi-soeurs, vision pornographique de la religion où des enfants-gargouilles lèchent le sexe turgescent d'un Dieu rayonnant. La griffe Van der Linden est reconnaissable entre toutes : un trait rappelant les gravures médiévales, de la sexualité grotesque et fantastique, des sexes béants ou tentaculaires, des couleurs chaleureuses, des personnages au visage paisible et doux, même en proie aux pires atrocités.

Elle expose régulièrement en France et à l'étranger ses toiles chaotiques et charnelles et publie ses oeuvres dans de nombreux ouvrages au titres évocateurs tels que "Heavy Meat", "Satan m'habite" ou la revue misanthropique "Ton cul pue".

Anne van der Linden aime varier les supports d'expression ; on lui doit quelques courts-métrages délirants et cruels, véritables prolongements de ses toiles  : "Intestins Fragiles" dans lequel un mari infidèle et malade se voit malmené par ses deux maîtresses, "Le repassage" où une jeune femme de ménage reçoit une sévère punition de sa patronne mécontente de son travail, ou encore "La citerne", fiction tragi-comique où deux enfants affamés, face à la précarité de leur mère alcoolique, finissent par dévorer leur génitrice bien en chair.

Je ne peux que vous conseillez de vous arracher un oeil et de le jeter prestement sur son divin site : http://heavyshop.free.fr/


Image : "Le singe bleu", par Anne van der Linden

Par HikikoMori - Publié dans : eruct
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Mercredi 7 mars 2007 3 07 /03 /Mars /2007 19:34

Elle aime les cubes de sucre, car ils sont doux, et elle l'est aussi. Ainsi se présente la chanteuse de Suckdog dans l'album "Drugs are Nice".


Cris hystériques, rires déments de jeunes filles dévergondées qui s'amusent à se faire peur, guitare approximative, chants vaudous étourdissants, boîte à musique répétant à l'infini la même petite mélodie triste et enfantine... Il est rude tâche de décrire la musique de Lisa Suckdog, pour ne pas dire impossible. D'ailleurs, est-ce vraiment de la musique ? Il n'y a pas vraiment de mélodies, pas vraiment de chant, et la technique est plus qu'incertaine."Drugs are nice" est pourtant jouissif : en effet, ce n'est pas un album réellement musical, rafraîchissant par sa spontanéité, délicieux de rage juvénile, totalement brut et sincère. Déchaînement et pétage de plombs d'une exquise punkette acidulée.

A l'âge de 16 ans, Lisa Carver apprend de la bouche de son père fraîchement sorti de prison pour trafic de drogues qu'il a, quelques années auparavant, tué. Elle comprend alors que sa vie ne pourra jamais être ordinaire. A 17 ans, elle entreprend de voyager à travers les Etats-Unis dans des bus miteux. Le hasard va lui faire rencontrer au fil de ses errances étatsuniennes -à un arrêt de bus dans un quelconque bled paumé justement- GG Allin. Sous le "charme" du scato-punk, elle entame la conversation avec lui, il lui offre une cassette live et elle lui propose de le faire jouer dans une salle locale. Le soir du concert, problème : GG Allin et son groupe, perdus en cours de chemin, n'arriveront jamais. Lisa, punkette certes mais impopulaire avec son look tout de rose et de blanc, panique face aux punks locaux mécontents, ne sachant pas trop quoi faire. Elle avale l'ecsta qu'un jeune gars lui a offert, et c'est là que tout commence : surexcitée, prise d'hallucinations, Lisa monte sur scène, hurle, chante, danse fièvreusement, se déshabille et descend de la scène pour giffler les spectateurs. Ce sont les débuts de sa carrière de performeuse.

En 1987, elle n'a pas encore 20 ans qu'elle tombe par hasard, toujours ce hasard facétieux, sur une cassette audio singulière : bruitisme, mélodies pop, voix de dément. Le nom de l'artiste sur la cassette : Costes. Dès le premier instant, elle sait que ce sera son futur mari. Pendant un an, elle et lui corresponderont à des milliers de kilomètres de distance, s'échangeant leur musique et des lettres d'amour passionnées et déjantées. Il finit par traverser l'Atlantique pour la rejoindre. Ils se marieront quelques semaines après leur rencontre.

Costes et Lisa, pendant quelques années, tournent aux Etats-Unis et en France avec leurs opéra-porno-sociaux délirants ("Les pendus", "The last mass", "Civil War", ...) et enregistrent en 1988 l'album "Rape GG" (dans lequel Lisa chante son amour déçu pour GG Allin et Costes sa jalousie à son égard). En 1991, au cours d'une tournée américaine, Lisa épuisée commence à se lasser et aspire à l'écriture ; le couple se sépare pour divergences artistiques, Costes rentre en France. (Ils se retrouveront en 1996 et tourneront le court-métrage "Nooky", figurant sur la vidéo "Short Films 1" de Costes.)

Lisa Suckdog redevient Lisa (Crystal) Carver, se consacre alors à l'écriture et fonde sa revue "Rollerderby" qui connaîtra un succès mondial dépassant même le réseau underground. Lisa a des fans de par le monde, écrit dans de célèbres magazines tels que "Newsday", "Playboy" ou "Nerve" et apparaît comme une véritable "sociologue destroy" de la contre-culture.

Au milieu des années 90's, dans le cadre d'une interview elle rencontre Boyd Rice et entame une relation pour le moins houleuse avec lui, compte tenu du caractère fantaisiste et parfois inquiétant du personnage, tour à tour espiègle et enfantin, mais tour à tour jaloux et violent. Lisa est amoureuse, mais également inquiète des problèmes d'alcool et des étranges amitiés de Boyd, notamment celle qu'il entretient avec Anton Lavey, fondateur de l'Eglise de Satan. Elle finit par tomber enceinte de Boyd et accouchera de Wolfgang Kenneth Carver. La mauvaise santé de l'enfant la forcera à renoncer au "luxe de l'art". Boyd Rice, que la paternité n'assagit pas, sombre de plus en plus dans l'alcoolisme et se montre de plus en plus violent avec elle. Elle le quitte après que Boyd, ivre, ait tenté de l'étrangler "car elle était sortie sans demander sa permission" (sic !). 

Lisa vit actuellement seule avec ses deux enfants (Wolfgang et une fillette née en 2002) et a publié "Dancing Queen: a Lusty Look at the American Dream" et son autobiographie "Drugs Are Nice: A Post-Punk Memoir" (éditée chez Soft Skull).

Elle a tout récemment créé une page myspace : http://www.myspace.com/drugsarenice

Par HikikoMori - Publié dans : eruct
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Jeudi 8 février 2007 4 08 /02 /Fév /2007 22:14

Il bouffe seul, il baise seul, il tue tout seul.


Tels sont les premiers mots que vous entendrez en allant sur son site. Un homme maigre, hurlant, yeux révulsés, portant une femme nue comme une guitare vous accueille. Une bite et un couteau, panoplie du solitaire, encadrent son nom : Costes.

Sur ce site, vous découvrirez, peut-être avec effroi voire répugnance, de la scatologie, du sexe, de la violence, de la folie, le tout présenté crûment. Costes est un artiste pornographique. Mais attention, pas pornographique dans le sens banal "bite dans la chatte" : ici il y a effectivement des pénis et des vagins, mais ces derniers sont soit impuissants, soit mutilés. Beaucoup de cris et de sperme, mais ce sont des cris de douleur et non de jouissance, et le sperme ne reflète que la masturbation du frustré. L'oeuvre de Costes est pornographique en mettant véritablement à nu l'être humain et pas seulement au sens propre. Echecs sentimentaux, haine hystérique, dégoût, amour malheureux, frustration sexuelle et sociale, angoisses, paranoia et folie : l'homme expose sans la moindre pudeur toutes ses pensées les plus sordides, les plus inavouables, confesse les choses les plus humiliantes. Pornographie de l'âme humaine et déversement de toute la merde qu'on a dans la tête.

Artiste total et survolté, il est sur tous les fronts : musique, films au budget proche du néant, littérature (son fameux "Grand Père" et "Viva la Merda !", ainsi que des pelletés de textes publiés sur son site (http://costes.org/regle.htm) et pour des revues), et surtout, surtout : la scène. De la France aux Etats-Unis aux côtés de la délicieuse Lisa Suckdog en passant par le Japon où il est adoré, Costes joue ses opéras-pornos sociaux, véritables comédies musicales déjantées et obscènes où ses personnages, confrontés brutalement à des situations démentielles, pètent les plombs et où s'entrechoquent les corps nus en transe des acteurs (parfois aussi avec les corps, habillés eux, des spectateurs).

A travers sa musique particulière et ses performances hallucinées et hallucinantes, Costes tire la chasse sur sa merde mentale. Une fois ses pensées les plus obscènes, les plus haineuses et les plus désespérés exprimées, il doit se sentir comme purifié. Lui-même résume très bien sa situation : "Je suis qu'une merde qui souffre, qui a mal au ventre, à la tête, qui doute, qui s'prend la tête... comme vous. Et seule la musique est un soulagement." Il montre l'humanité dans toute son horreur, dans tout ce qu'elle a de plus sale, de plus bas et faible....... mais aussi parfois de plus beau. A force d'aller toujours plus loin dans l'échec, on atteint le grandiose.

Tour à tour hilarant dans son outrance, terrifiant, obscène et pathétique, son oeuvre est troublante, dérangeante, et surtout d'une incroyable sincérité.

Depuis plus de 20 ans, Jean-Louis Costes chante, hurle et martyrise son clavier ; sa discographie est imposante : cassettes, vinyls, cds, et aborde de manière dérangeante et hautement jubilatoire des thèmes variés et souvent intime et/ou tabou : la merde, la frustration sexuelle, l'amour déçu menant à la haine dévastatrice, la folie, la scatologie, et le plus sensible d'entre tous : le racisme, qui lui a valu bon nombre de procès depuis une dizaine d'années de la part d'associations faussement antiracistes n'ayant pas saisi la portée parodique, pourtant évidente, de son oeuvre. Le procès, ayant à la base pour sujet le "racisme ordurier" de son album "Livrez les blanches aux bicots", satire terrifiante et hilarante du racisme, s'est rapidement transformé en procès de la liberté d'expression. Dans l'album incriminé, il joue un raciste hystérique frustré éructant des insultes avec un sérieux désarmant. Or, ces insultes sont grotesques tout comme le personnage qu’il joue. Il ridiculise ainsi la mentalité xénophobe tout en mettant l’accent sur sa dangerosité. Il est fort probable que les associations, aux accusations basées sur des paroles isolées de leur contexte, aient terni leur image par l'acharnement irraisonné dont elles ont fait preuve à son encontre (10 ans de procès, et l'affaire est toujours en cassation (sic !)).

Costes n'est pourtant pas un psychopathe. Si sur scène l'artiste éructe nu couvert d'un délicat mélange d'épinards-chocolat de par le monde et manifeste un vif intérêt pour les carottes anales, l'homme, grand voyageur et passionné par la jungle guyannaise où il y a construit une maison, est tout ce qu'il y a de plus charmant et, n'ayons pas peur des mots, touchant. Etonnant ? Pas tant que ça : l’art lui sert de soupape de sécurité ; il lui permet de laisser exploser sa rage et son désespoir. Bref, de mener une existence plus supportable.

 


Par HikikoMori - Publié dans : eruct
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Mercredi 7 février 2007 3 07 /02 /Fév /2007 15:37

Photographe espagnol. C’est en tremblant que l’on contemple ses clichés pour la première fois. Des autoportraits. Nebreda s’est choisi comme " model ", son corps sera le témoin d’automutilations, d’amaigrissements, soigneusement comptées et organisés. (amputations, brûlures, lacérations…) Son travail et ses réflexions sur l’identité, la perte d’humanité l’a conduit vers une longue crise de schizophrénie et l’hôpital psychiatrique.

Chaque cliché fait référence à la tradition picturale catholique. Le sang, les excréments sont les matériaux presque omniprésents aux " tableaux " de Nebreda. Plusieurs heures alors sont nécessaires pour obtenir ce qu’il veut, organisation minutieuse et géométrie parfaite de l’espace. Un anéantissement, une négation de soit parfaitement étudiée.

Aujourd’hui, ses écrits et ses photos sont moins dures. Moins de mutilations, mais toujours cette imagerie pieuse et cette démarche méditatrice. Nebreda va-t-il mieux ? Pas sûr.

Par oncle Gloc - Publié dans : eruct
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Mercredi 7 février 2007 3 07 /02 /Fév /2007 15:26

Marilyn Manson, les Stooges, Sid Vicious… ces quelques stars du rock ont à leur façon choquées leur génération. Allin est sûrement le plus dégénéré, le plus furieux du milieu rock and roll.

 Né en 1956, son père le baptisa réellement Jésus Christ Allin, avant d’être obligé de changer de nom. Plus tard il déclarait : " Je suis né Jésus Christ Allin en 1956 à Lancaster, New Heaven. Le Jésus Christ dont ils parlent dans la Bible est un imposteur bidon. Fuck that weak shit ! Je suis celui avec qui les choses se traitent. Je me suis créé moi-même dans le ventre des feux de l’Enfer... "

Vie courte mais pleine de fureur et de violence, il a sévi sur scène dans des concerts chaotiques, obscènes et destructeurs.

Toute sa vie a consisté à cracher ses injures et sa haine à la face de tous, s’autodétruisant dans la plus pure tradition du punk. Automutilations, accro a l’héroïne, alcool, bagarres avec le public, démonstrations scatologiques, séjours multiples en prison, accusations de viols…

Il avait annoncé son ultime concert, se suicider sur scène... un bâton de dynamite judicieusement introduit dans l'anus. Voilà qui aurait terminé "joliment " une telle carrière ; mais quelques jours auparavant, il fut victime d’une overdose le 28 juin 1993…

 

Quelques exemples de GG Allin dans ses oeuvres : http://www.dailymotion.com/relevance/search/gg%2Ballin/video/x7fbj_gg-allin-live

http://www.dailymotion.com/relevance/search/gg%2Ballin/video/x7fav_gg-allin-live

http://www.dailymotion.com/relevance/search/gg%2Ballin/video/xzk4r_gg-allin-bulge-live-1988

 

 

Par oncle Gloc - Publié dans : eruct
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Vendredi 2 février 2007 5 02 /02 /Fév /2007 13:36

Dans les années 70, Boyd Rice engendre le projet NON et signe sur le label Mute. Un des personnages les plus influent et créatif de la contre-culture. Il inventât, avec d’autres, la musique bruitiste. Chacun de ses albums représente un attentat sonore, des sons abrasifs et souvent répétitifs qui viennent violemment secouer l’auditeur. Il compose moins de la musique qu'il crée des ambiances – plus perturbantes qu'apaisantes -, notamment par l'usage de boucles (avec ses vinyles à sillons fermés, il fut l'un des pionniers artisanaux de cette pratique), dont il altère le son ou modifie la vitesse afin de créer de nouveaux motifs inattendus.

Il touche aussi à la photo et expose certaines de ses peintures, tout comme sa musique, dérangeantes et provocatrices.

Mais il est surtout connu pour les polémiques qu’il suscite. On ne compte plus ses ennemis ou détracteurs. Respecté par certains groupes néo-nazi et haï par d’autres, son apparence et son discours sont souvent mal perçus et mal compris. En effet, Rice collectionne les uniformes militaires et se plaît à s’exhiber avec, serein. On retrouve aussi à travers son œuvre des références au " Darwinisme social ", idée qui pour certains, peut vite déborder avec des concepts fascistes. Il rejoint aussi l’église sataniste et Anton Lavey. Enfin, pour couronner le tout, quand on lui pose la question, quant à sa réelle position politique, il ne cherche surtout pas à se justifier, préfère laisser parler et s’inquiète très peu de ce qu’on pense de lui. Visiteur régulier de Charles Manson en prison, il fut aussi surveillé par les services secrets des Etats-Unis dans les années 70 pour s’être présenté devant l’épouse du président Betty Ford, avec une tête de mouton.

A côté de cela il collectionne aussi les poupées Barbies et tout ce qui concerne les " girls-band ", surtout français. C’est aussi un grand ami de Douglas Pierce (fondateur de Death in June), et collaborent beaucoup ensemble. Ce dernier s’attirant aussi les foudres pour son imagerie fasciste…. Un fasciste homosexuel qui plus est !

D’ailleurs, en réponse à ses détracteurs et aux chasseurs de nazis, lors d’un concert où il jouait le titre le plus connu, "Total War", voyant des bras se lever et des "heil " lancés par le public, il décida avec Pierce, d’écourter le concert, désabusé.

Aujourd’hui il est toujours aussi productif, détesté et autant plagié d’ailleurs. Les "provocateurs " Marilyn Manson, Rammstein et toute la scène industrielle lui doivent beaucoup.

 

Par oncle Gloc - Publié dans : eruct
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Mercredi 24 janvier 2007 3 24 /01 /Jan /2007 15:51

On hésite souvent de parler de lui car son cas est à prendre avec des pincettes. Reconnu et respecté dans le milieu black métal, sa réputation à fait de lui un homme détesté ou fascinant pour certains. En résumé, il est clair que dès l’adolescence il est accusé de développer un goût prononcé pour les idées néo-nazies, qu'il mélange avec celles du satanisme. Misanthrope, mégalomane, un brin psychotique, bref vous trouverez sur internet à peu près toutes les analyses et critiques possibles. Peut-être aussi l’exemple type d'un ado qui a lu son premier bouquin de Nietszshe et qui rejette les principes de l’église catholique du fin fond de sa Norvège natale (berceau de nombreux groupes black extrêmes, nourris de mythologie nordique et décorés de bracelets cloutés et de la pilositée viking).

Cela dit, malgré un visage d’ange, il traîne derrière plusieurs actes qui le rendirent tristement célèbre : il participa aux incendies criminels de plusieurs églises en bois norvégiennes datant pour la plupart du Moyen-Âge et, surtout, il tua Euronymous, musicien du groupe Mayhem ; meurtre qu’il avoua simplement et, même aujourd’hui, il assume encore ces faits en les racontant sereinement, n’oubliant aucun détail.

Pourquoi s’intéresser à lui donc puisqu’il est méchant et que c’est un immonde nazi ? N’oublions pas le plus important. Dès l’âge de 14 ans, l’affreux-sale-et-méchant créa, seul, son groupe URUK HAI puis, plus tard, le fameux projet BURZUM connu même au-delà du milieu du métal . Unique musicien, il compose plus d’une dizaine d’albums et démos, jouant de tous les instruments. Le son est crade et mal produit, les rythmes lents et dépressifs à souhaits. Compositions simplistes mais qui ne laissent personne indifférent. Ambiance froide, noire, sans concession, sincère et surtout sa voix : des paroles glaciales, hurlées et crachées (forcément), mais tout cela sans tomber dans le black métal classique, au contraire, le type à quelque chose à exprimer de pas très joyeux et il le fait bien.

Il devrait sortir cette année, après 21 ans de prison. D’après ces dernières déclarations, il n’a pas semblé en souffrir et ses intentions sont claires : s’isoler le plus possible des gens et surtout de la culture européenne, publier ses livres sur la mythologie nordique sous un pseudo et "nous laisser à notre enfer et notre bordel urbain "…

 

 

Par oncle Gloc - Publié dans : eruct
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