Petits z'hérétiques en rut, amoureux d'art potentiels, demi-mondaines perverses à moitié devêtues, bienvenue dans le monde vermillon et merveilleux
du Prince du Bon Goût.
Le Vaquette – ou plutôt l'IndispensablE Tristan-Edern Vaquette - est bien étrange animal au poil fièrement dressé, barbiche bien taillée et au corps athlétique de champion de natation, majestueusement drapé de rouge, qui résiderait, selon la légende, dans les verdoyantes terres auvergnates. Son parcours est pour le moins détonant : véritable paradoxe sur pattes – elles-mêmes chaussées de docs martens écarlates -, le jeune Vaquette a vécu une scolarité brillante et pour le moins bordélique. Premier de la classe, certes, mais casse-couille de première : bac C avec mention, oui, école d'ingénieur, deux fois oui, mais soumission à l'autorité, que nenni.
Viré pour raison disciplinaire, il entreprend ensuite un DEA de physique théorique et pénètre fugacement dans les enceintes prestigieuses du laboratoire de physique corpusculaire du Collège de France -s'il vous plaît !- tout en jouant parallèlement dans des groupes de punk rock. A priori, un avenir lumineux de chercheur, peut-être vaguement agité par quelques concerts et pogos...
Seulement, le Vaquette ne se voit pas souris de laboratoire. En 1993, il quitte le monde des protons et des neutrons pour devenir lui-même un électron libre dans le monde plus aventureux de l'art. La même année, il créé son premier spectacle, un one-man-show rock à l'humour hara-kiriesque placé sous le signe du raffinement, poétiquement nommé le « Suce-moi-la-bite Tour ». Le Prince du Bon Goût est né, indu-bite-ablement...
Fort de cette première tournée, il anime pendant quatre ans sur Fréquence Paris Plurielle et Radio Libertaire une chronique radio hebdomadaire « Le billet du Vaquette ». Mais l'animal a plus d'une corde à son arc et ne réduit pas à un provocateur méchamment drolatique : en 1997, il donne vie à son second spectacle « J'veux être grand et beau », présenté comme un cours de philosophie un brin théâtral, sur fond de décor joyeusement orné de rouge et jaune, dénonçant, avec intelligence et énergie -sans oublier évidemment les interludes musicaux drolatiques- , les petites lâchetés, la bêtise, la complaisance dans le médiocre de nos navrants contemporains. Vaquette appelle à l'élévation, au dépassement de soi, au sublime.
Et c'est sublime.
Créateur du mémorable festival « Un printemps bizarre » en 1999, prof de philo vaguement chippendale, troubadour déjanté déclamant d'une voix guillerette de cruelles vérités et d'hilarantes atrocités, héros décapant de la Résistance dans son roman épique « Je gagne toujours à la fin » et cuisinier hors pair (aucun rapport avec l'art, certes, mais c'est toujours bon à savoir), le Prince du Bon Goût, Docteur ès Sciences et Vicomte de Gribeauval, après quelques années d'absence insoutenable pour ses fidèles hagiographes, revient sur les devants de la scène en novembre 2008 avec ses nouveaux album et spectacle « Crevez tous ». Bref, Vaquette est de retour, et il est toujours pas content. Et toujours indispensable.
« L'élégance, c'est préférer une belle défaite à une victoire sans grâce », qu'il nous dit le prince. Mais peu importe au fond : il gagne toujours à la fin. Et avec grâce, s'il vous plaît.

Visions infernales du Paradis, sexualité outrancière et
burlesque, corps martyrisés, imagerie médiévale... On dit d'elle qu'elle peindrait des bites comme on peindrait des bouquins. Voici l'univers merveilleusement chaotique d'Anne van der
Linden.
Dans les années 70, Boyd Rice engendre le projet NON et signe sur le label Mute. Un des personnages les plus influent et créatif de la contre-culture. Il inventât, avec d’autres, la musique bruitiste. Chacun de ses albums représente un attentat sonore, des sons abrasifs et souvent répétitifs qui viennent violemment secouer l’auditeur. Il compose moins de la musique qu'il crée des ambiances – plus perturbantes qu'apaisantes -, notamment par l'usage de boucles (avec ses vinyles à sillons fermés, il fut l'un des pionniers artisanaux de cette pratique), dont il altère le son ou modifie la vitesse afin de créer de nouveaux motifs inattendus.